*les vers pairs :
- l’octosyllabe : vers de 8 syllabes,
- le décasyllabe : vers de 10 syllabes,
- l’alexandrin : vers de 12 syllabes.
* les vers impairs :
- l’ennéasyllabe : vers de 9 syllabes,
- l’heptasyllabe : vers de 7 syllabes,
- le pentasyllabe : vers de 5 syllabes.*
les vers courts au-dessous de 5 syllabes sont utilisés pour mettre en relief, créer un effet de surprise, suggérer la légèreté, le mouvementL'alexandrin ou dodécasyllabe
L'alexandrin, ou dodésyllabes, vers de douze syllabes, est le mètre le plus usité dans notre poésie depuis le XVIe siècle. On le considère comme le vers qui convient le mieux à l'épopée, à la poésie dramatique, didactique, à l'élégie, etc. On en fait même un usage fréquent dans la poésie lyrique, où il se combine aisément avec d'autres mètres. Aussi l'emploie-t-on aussi bien dans des pièces isométriques (pièces où le même genre de mètre est employé d'une façon continue) que des pièces hétérométriques (pièces où le poète mélange des vers de différentes longueurs). Dans le cas de la mesure rythmique, l'alexandrin classique est un tétramètre, parce qu'il est quaternaire, autrement dit parce qu'il reçoit quatre accents temporels. L'alexandrin romantique et le décasyllabe classique sont tout deux des trimètres.
Le décasyllabe et l'octosyllabe
Le décasyllabe fut tour à tour nommé vers commun, vers épique, ou décasyllabe.
Le décasyllabe, ou vers de dix syllabes, et l'octosyllabe, vers de huit syllabes, ont été particulièrement en faveur au Moyen Âge; nos lais primitifs et nos fabliaux sont écrits en vers octosyllabiques; ces mètres conviennent aussi à la chanson de geste et à la poésie lyrique, à la poésie légère. «Les contes en vers» de La Fontaine, les épîtres de Voltaire, ont montré quels heureux emploi en peut faire ces genres de poésie.
L'hendécasyllabe et l'ennéasyllabe
Les vers de onze syllabes (hendécasyllabe) et de neuf syllabes (ennéasyllabe) sont d'un rythme difficile à saisir, et leur emploi a toujours été très rare. Le vers de neuf syllabes convient bien à certaines coupes méthodiques; aussi le rencontre-t-on souvent dans les pièces destinée au chant. L'unique tort des vers de neuf et onze syllabes est de trop se rapprocher du décasyllabe et de l'alexandrin, qui nous ont pliés à leur rythme simple et à leur forme symétrique.
L'heptasyllabe
L'heptasyllabe, ou vers de sept syllabes, est très courant dans notre poésie et l'emploie ordinairement comme l'octosyllabe. Il est assez fréquemment employé dans les chansons du Moyen Âge, soit seul, soit avec d'autres vers.
L'hexasyllabe
Le vers de six syllabes ou hexasyllabe ou demi-alexandrin ne s'emploie guère seul que dans le genre lyrique, et s'entremêle le plus souvent avec des vers plus long. Ainsi il convient surtout aux combinaisons hétérométriques et s'allie très bien avec d'autres vers, surtout avec l'alexandrin.
Vers de cinq syllabes
On pourrait répéter pour le vers de cinq syllabes ce que nous avons dit pour le vers de six syllabes, mais en ajoutant qu'il est d'un emploi plus rare, excepté dans les chansons populaires, les idylles et les cantates, qui le goûtent tout particulièrement.
Le tétrasyllabe
Le vers de quatre syllabes ou tétrasyllabe convient aux pièces fugitives, et s'emploie surtout, comme les vers de une, deux, trois syllabes dans les pièces hétérométriques, où il peut être d'un heureux effet.
Petit Traité de Versification Française
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